Réponse à une tribune libre parue sur les blogs grande couronne et dauphiné savoie
Cette tribune libre, mais très orientée, attaque de front l’initiative de l’ULRF, Union de plus de 500 Loges à ce jour. Dans la mesure où ce texte contient de graves contre-vérités, nous nous donnons le temps d’y répondre sur les points principaux. Dans l’ordre du texte dont nous parlons :
- Il n’existe pas de décision de se constituer en association de fait, la loge EST une association de fait (liste de membres, règlement intérieur etc..) qui ne peut entrainer aucune action de la part de la GLNF. Dire le contraire est mentir, et d’ailleurs la GLNF ne s’y est pas risqué, elle connait la jurisprudence.
-L’ULRF est bien sûr à l’extérieur de la GLNF, comme le club de football auquel j’appartiens, raison de plus pour être inattaquable, contrairement à une obédience concurrente par exemple, ce qu’elle n’est évidemment pas.
-1- Le reproche de devoir opérer un vote dans la loge est paradoxal : le silence et l’absence de débat sont-ils conformes à l’éthique et à la tradition maçonnique ? C’est traditionnellement par un vote à la majorité des 2/3 que les grandes décisions sont prises dans notre confrérie, mais la plupart des votes des près de 500 loges adhérentes à ce jour ont recueilli l’unanimité.
Certains recommandent de ne parler de rien dans ces circonstances malheureuses. Ce n’est pas notre choix, mais nous ne l’imposons à personne, considérant que nos frères sont adultes et responsables.
-2- La GLUA, avec laquelle nous avons des contacts suivis, est très attentive à l’évolution de la crise de notre obédience, et, depuis que M. Stifani, le 14 juillet a déclaré dans sa folie ne plus la reconnaitre, elle l’est d’autant plus. Elle est régulièrement tenue au courant de la situation et des adhésions à l’ULRF, avec, et c’est la seule à détenir cette information confidentielle, le nom des Loges.
-3- Dire que M. Stifani cherche la scission est une évidence. Vous aurez d’ailleurs noté que lorsqu’il parle de préserver la GLNF dans son dernier courrier, il utilise le mot « actifs centenaires», qui sent plus l’immobilier, les fonds de placement, les cotisations, que la spiritualité et la fraternité. Prétendre que son départ est inéluctable participe cependant d’un vœu, certes partagé mais pieux, que les actions judiciaires menées par FMR rendent heureusement plus concret. Où en serions-nous si les procédures, en dépit des tripatouillages procéduraux de M. Stifani, n’avaient abouti à l’annulation de l’Assemblée du 16 octobre, dont la validité va être jugée en appel ? La récente assignation contre Me Legrand vise à arrêter les bourrages d’urnes et les exclusions pour non-paiement de cotisations non votées : fallait-il là aussi se taire et laisser faire ?
-4- Qui parle de quitter le navire ? Qui, une fois encore, travaille d’arrache-pied pour obtenir que l’Assemblée Générale se tienne, avec un collège non trafiqué, une présentation enfin critique de comptes dont nous dénonçons depuis longtemps les anomalies ?
Serait-ce cela la soumission, dont certains se font aujourd’hui les chantres à moindre frais ? Il est fait en vrac le reproche à l’ULRF de compter dans ses rangs des frères qui seraient critiquables sur tel ou tel point, et dont l’ambition serait le moteur principal : aucun d’entre eux n’est candidat à quoi que ce soit, ce qui n’est pas le cas de ceux qui, pour imaginer pouvoir saisir leur chance, les critiquent sans cesse, tout en parlant d’union de l’opposition !
Regardons les choses en face, et non au travers du prisme des intérêts particuliers de quelques-uns : qui va, peut-être, rendre la tenue de l’AG possible ? Qui va peut-être, obtenir que son collège électoral soit conforme ? Ceux-là même qui ont soutenu depuis le premier jour la création de l’Union de loges, car c’est là que se tient le futur de notre obédience, pas ailleurs ! Et si l’ULRF va tenir des conventions, c’est tout simplement pour être au plus près et entendre les frères de ces loges, qui sont le cœur vivant de la GLNF. Et faire le reproche qu’on n’y parle pas de l’AG est basé sur la confusion des genres : c’est le collectif FMR-Myosotis et ses avocats qui se chargent de ce travail depuis le début, grâce, entre autres, aux cotisations payées par plusieurs milliers de frères qui en ont bien compris l’enjeu.
Maintenant il convient d’aborder dans la plus grande transparence une hypothèse hélas possible.
Que ferons-nous si demain la Cour d’Appel, dont on aura compris que son fonctionnement laisse entrevoir un monde de pressions et d’intimidations, venait à rendre un avis défavorable à nos demandes ?
Si, pour être clair, Stifani, contre toute logique, éthique, politique etc, etc., gagnait, et était confirmé comme grand maître ou je ne sais quel cauchemar du même genre ?
Eh bien oui, la question se poserait de savoir si l’ULRF devrait, ou pas, proposer une alternative aux Frères et aux Loges : rester et aller saluer Stifani par onze ? Subir les vexations absurdes de ses sbires à tout jamais salis par leurs actions ? Voir foulée aux pieds indignes de ces pantins la Maçonnerie qui nous a tant donné ?
Ou, partir et reconstruire, sous le regard probablement bienveillant des Grandes Loges étrangères, une terre d’accueil pour cette Maçonnerie que nous aimons ? Est-ce manquer à nos devoirs que d’anticiper différentes options, tout en privilégiant l’espoir d’une reconquête de l’intérieur ?
C’est au contraire une lucidité fraternelle que d’y songer, et nous l’assumons.
Ce billet ne répond peut-être pas à toutes les questions qui nous sont posées, le dialogue fraternel des réunions que nous tenons partout en France est fait aussi pour cela. Nous aurons tenté en tous cas de faire comprendre qu’il n’y a nulle perversion dans cette démarche initiée, je vous le rappelle, par un simple vénérable Maître d’une Loge de Tours, il y a quelques mois.
Par Tamino -
SCARRON
Myosotis de Lorraine