Blog de la Province de Guyenne-Gascogne pour rétablir la régularité dans la GLNF
Comment s’y retrouver entre les mensonges de Me Legrand, les déclarations étranges d’un juge qui se permet, sur des bases totalement inexactes, de nous faire un courrier inapproprié… et illisible, et le déploiement de brutalité des membres d’un Grand Conseil qui se substitue au Conseil d’Administration démissionnaire ?
I - Sur le premier volet (les mensonges de Me Legrand), nous n’avons pas la place ni le temps d’en relever l’ensemble. Prenons quelques exemples parlants et navrants : « je vais diligenter un audit approfondi sur les anomalies constatées ou présumées ». En place de ce qui aurait permis d’éclairer enfin les Frères sur la gestion de leur argent, nous n’avons rien, pas même un accès aux Grands Livres ou à une consolidation des flux financiers entre les différentes structures de notre obédience. Une honte !
« J’ai fait des tentatives de conciliation ». Rien de tel n’a jamais eu lieu, et le projet qualifié « d’ultime tentative » était en réalité le premier, préparé de surcroit dans des conditions impossibles à accepter. Par ailleurs, à tous ses interlocuteurs, elle n’a cessé de faire des promesses, qui ne furent jamais tenues : « je présiderai le Conseil de Discipline (ce qui eut été normal, puisqu’il s’agit d’un organe civil), je demanderai aux GMP l’annulation des sanctions, etc., etc. ». Un scandale !
Me Legrand a désormais annulé tous les rendez-vous fixés avec nous… pour se consacrer à son… travail. Après huit mois…. Une plaisanterie !
II - Le Juge qui a nommé Me Legrand se fend d’un courrier très curieux. Est-il normal dans un dossier en cours de s’adresser publiquement aux parties, pour leur délivrer un message fondé sur des inexactitudes absolues ? Le problème de la GLNF, Monsieur Kurz, n’est pas le problème d’une association en péril financier ou organisationnel. Il s’agit d’une obédience maçonnique, dont le chef a violé en permanence tous les principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie !
Si nous le rejetons, c’est parce qu’il existe un certain nombre de critères qui fondent cette Maçonnerie de Tradition, et que M. Stifani a systématiquement piétiné tous ceux-ci : religion, politique dans des déclarations ridicules ou honteuses, médiatisation, agressions envers les Juridictions maçonniques… C’est tout cela qui a été à l’origine de notre opposition. Certes, à cela se sont ajoutées de nombreuses suspicions sur la gestion opaque de notre argent, et des violences tant verbales que réglementaires (suspensions, radiations, fermetures illégales de loges…) édictées sous de pseudo-prétextes « maçonniques ».
Vous vous égarez dans ces méandres, auxquels Me Legrand a toujours fait mine de vouloir s’intéresser, sans jamais rien y comprendre. Cela serait compréhensible - la matière n’est pas simple- si vous n’utilisiez pas ces mauvaises informations pour baser des conclusions qui en deviennent forcément hasardeuses. Ainsi en est-t-il du problème des cotisations ou de leur avatar nommé contributions exceptionnelles : On n’a jamais voulu nous donner l’état de la trésorerie, et il serait cependant justifié de radier (ou plus exactement d’interdire de réunion et de vote) ceux qui considèrent qu’il n’est pas acceptable de payer ce qui n’est pas voté, de payer ce qui n’est pas justifié par une situation financière sur laquelle on nous refuse la moindre information ?! Et ce serait une affaire maçonnique ? L’avocat de l’administrateur a pondu un mémoire dont personne n’a copie et qui serait plus fondé que l’analyse du Pr Lucas qui dit le contraire sur le même sujet ? Qui prend ce genre de décision que vous semblez avaliser ?
Un président démissionnaire qui fuit ses responsabilités tente, par des interprétations hasardeuses des Statuts, de garder la main sur l’obédience en faisant croire aux gogos qu’il reste grand maître alors que nos règlements disent tout le contraire. Voilà une réalité que vous éclipsez totalement. Certes la Cour d’Appel doit se prononcer sur ce point aussi, mais visiblement vous anticipez dans votre lettre une erreur magistrale d’interprétation juridique de la situation. Et c’est surprenant. Celui qui se prétend grand maître ne l’est plus, et les plus importantes Grandes Loges étrangères l’ont bien compris, en suspendant ou en rompant leur relations avec la GLNF de ce personnage désavoué, auquel vous faîtes crédit, vous qui devriez au contraire prudence et réserve garder !
Ce monsieur Stifani ne cherche qu’à préserver des avantages de pouvoir et d’influence dont il est fort à craindre qu’ils s’inscrivent dans des relations de pouvoir plus compliquées encore que notre maçonnerie naïve et fraternelle…Nous voulons croire que la France n’est pas une de ces républiques bananières dont celui qui se proclamait notre guide spirituel se félicite de voir leurs Grandes Loges lui apporter encore leur soutien…En dépit du temps passé (perdu) en procédures, de jugements avec exécution provisoire (non exécutés comme si c’était normal), vous nous dites qu’il convient d’attendre l’arrêt de la Cour d’Appel ! Soit, mais que nos juges n’écoutent pas la seule voix de nos adversaires pour en faire la base de leur travail, au risque de mettre à bas la deuxième obédience française. Ils vous mentent et vous ne devez pas être faibles.
Nous comprenons que cette affaire soit compliquée. Nous ne comprendrions pas que la seule version de ceux qui ont conduit la GLNF au bord du gouffre devienne une doxa simpliste pour ceux qui ont à charge de dire le droit : les us et coutumes maçonniques, dans une démocratie n’ont de sens que s’ils ne violent pas la loi. Une association, même maçonnique, est régie par des textes interprétables : un président- grand maître ne se coupe pas en deux selon ses intérêts, ou l’on serait entre le charabia sectaire et l’absurdité juridique.
III - Demain a lieu un ixième conseil de discipline : ceux qui sont convoqués devront y être présents, nos avocats y seront pour les soutenir, les vigiles aussi certainement : la plupart des convoqués le sont pour « manquement à l’éthique maçonnique ». En l’occurrence, ce sont tous des frères qui ont critiqué M. Stifani et son équipe, et cela touche à la liberté d’expression, à des pratiques dictatoriales, à un détournement scandaleux de notre consensus associatif.
Le chemin du Droit, vu à la lumière de ce que nous venons de dire, pourrait sembler périlleux, voire vain. Il est pourtant l’une de nos planches de salut, si l’on veut bien considérer que les juges ne sont pas sourds, ne sont pas sous influence, et que même après des erreurs regrettables, un administrateur pourrait se ressaisir.
Mais il existe un chemin fraternel que nous devons emprunter aussi, pour que quoi qu’il puisse arriver, nous protégions notre fraternité et ce que celle-ci représente pour la Franc Maçonnerie que nous aimons. Ce chemin est celui de l’Union. Des Loges souveraines, qui le moment venu, saurons reconstruire des structures dans lesquelles leurs droits seront respectés, et qui mettront les fondations à la place des fondations, et les murs à la place des murs.
L’Union aussi de Frères se rapprochant les uns des autres malgré leur différences, leur histoire, leur implication ancienne ou tardive dans l’opposition aux dérives inacceptables de la GLNF : de toutes manières, cette crise devra se terminer un jour par une vaste remise en cause, nous y veillerons, comme nous avons mené un combat non pas en tant que futurs dignitaires auto proclamés, (selon le vocabulaire gratuit des donneurs de leçon plus actifs dans le sarcasme improductif que dans l’action), mais en tant que militant de la cause qui nous unit vraiment : le souhait de voir revenir un jour dans une fraternité la plus large les partisans apaisés de la Franc Maçonnerie de Tradition, dans des loges libérées des fausses ambitions et des métaux destructeurs de l’initiation.